Une certification qui dépasse la reconnaissance institutionnelle
Delassus Group vient d’obtenir la certification B Corp™, après un processus d’évaluation engagé en 2023 et étalé sur près de deux ans.
Cette certification internationale analyse les entreprises selon plusieurs dimensions : la gouvernance, les collaborateurs, les communautés, l’environnement et les clients. Elle repose sur l’examen des pratiques, des résultats, des documents justificatifs et des engagements pris envers les différentes parties prenantes.
Pour le groupe marocain, cette reconnaissance vient confirmer une transformation engagée depuis plusieurs années. Elle renforce également son positionnement sur des marchés internationaux où les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance occupent une place croissante dans les décisions commerciales.
Mais la valeur d’une certification de ce type ne se limite pas à l’obtention d’un label.
Elle dépend surtout de la capacité de l’entreprise à traduire ses engagements dans son fonctionnement quotidien, ses décisions managériales et sa relation avec ses collaborateurs.
Les critères ESG deviennent des standards de marché
Dans les secteurs agricoles et agroalimentaires, les attentes des clients et des distributeurs évoluent rapidement.
La qualité du produit, la maîtrise logistique et la compétitivité restent essentielles. Cependant, elles ne suffisent plus toujours à sécuriser une relation commerciale de long terme.
Les partenaires internationaux accordent désormais une attention particulière à la gestion de l’eau, à l’empreinte carbone, aux conditions de travail, à la traçabilité, à la gouvernance et à la capacité des fournisseurs à démontrer leurs engagements.
Dans ce contexte, les critères ESG ne constituent plus uniquement un sujet de communication ou de conformité.
Ils deviennent progressivement un facteur de compétitivité.
Pour une entreprise exportatrice, être capable de présenter des pratiques structurées, mesurables et vérifiables peut renforcer la confiance des partenaires et faciliter l’accès à de nouvelles opportunités.
Une transformation construite dans la durée
L’obtention de la certification B Corp ne résulte pas d’une action ponctuelle.
Selon les éléments publiés, Delassus Group a engagé dès 2016 des travaux portant notamment sur la mesure de son empreinte carbone, l’optimisation de la gestion de l’eau, la réduction des intrants agricoles et l’intégration progressive des énergies renouvelables.
Le groupe a également développé des initiatives sociales à destination de ses collaborateurs et des communautés locales, notamment dans les zones agricoles.
La certification vient ainsi formaliser et évaluer une trajectoire déjà engagée, plutôt que créer artificiellement un positionnement nouveau.
Cette distinction est importante.
Une stratégie ESG crédible ne peut pas reposer uniquement sur une campagne de communication. Elle doit être visible dans les investissements réalisés, les indicateurs suivis, les arbitrages de la direction et les expériences vécues par les salariés.
De l’engagement ESG à la marque employeur
Une certification reconnue peut améliorer l’image d’une entreprise auprès de ses clients et de ses partenaires.
Elle peut également influencer la perception des candidats.
Les talents sont de plus en plus attentifs à la cohérence entre le discours d’une organisation et ses pratiques réelles. Ils ne recherchent pas uniquement un poste, une rémunération ou une évolution de carrière. Beaucoup souhaitent aussi comprendre le rôle de l’entreprise, son impact et la manière dont elle traite ses collaborateurs.
Dans ce contexte, l’ESG peut devenir un véritable levier de marque employeur.
Une entreprise capable de démontrer ses engagements sociaux et environnementaux dispose d’un récit plus fort pour attirer certains profils, notamment ceux qui accordent de l’importance au sens, à l’utilité et à la responsabilité.
Mais cette attractivité reste fragile.
Une certification peut attirer l’attention. Seule la réalité interne peut créer la confiance.
Les collaborateurs comme premiers témoins de la transformation
La crédibilité d’une démarche responsable dépend largement de ce que vivent les équipes.
Lorsque les salariés constatent que les engagements sont intégrés aux décisions, aux processus et aux pratiques managériales, ils peuvent devenir les premiers ambassadeurs de l’entreprise.
À l’inverse, un écart important entre la communication externe et l’expérience interne peut rapidement fragiliser la réputation de l’organisation.
La marque employeur ne se construit donc pas uniquement à travers des publications ou des distinctions.
Elle se construit dans la qualité du management, les possibilités d’évolution, l’équité, la sécurité, l’écoute et la reconnaissance.
La certification peut donner un cadre.
Les comportements quotidiens lui donnent sa crédibilité.
Le management au cœur de la performance ESG
Les engagements ESG ne peuvent pas être portés uniquement par une direction RSE ou par quelques experts.
Ils doivent être compris et appliqués par les managers opérationnels.
Ce sont eux qui traduisent les orientations de l’entreprise dans la répartition des responsabilités, le suivi des objectifs, l’organisation du travail et les décisions prises sur le terrain.
Un manager peut renforcer une culture responsable en créant un environnement fondé sur la confiance, la transparence et la responsabilisation.
Il peut aussi l’affaiblir lorsque les objectifs de court terme prennent systématiquement le dessus sur les engagements sociaux ou environnementaux.
La réussite d’une transformation ESG repose donc aussi sur la qualité du leadership.
Les entreprises ont besoin de responsables capables de concilier performance économique, exigences opérationnelles et responsabilité envers les parties prenantes.
De nouvelles compétences à intégrer dans le recrutement
L’intégration des enjeux ESG transforme progressivement les besoins en compétences.
Les entreprises recherchent des spécialistes de la durabilité, de l’environnement, de la conformité, de la gouvernance et du reporting.
Mais les besoins ne se limitent pas à ces fonctions.
Les responsables des achats doivent être capables d’évaluer les fournisseurs selon de nouveaux critères. Les financiers doivent intégrer les risques extra-financiers. Les équipes RH doivent faire évoluer les politiques internes. Les responsables opérationnels doivent concilier productivité, qualité et impact.
La transition ESG devient donc une responsabilité collective.
Dans ce contexte, le recrutement ne doit pas seulement vérifier les compétences techniques d’un candidat.
Il doit aussi évaluer sa capacité à travailler dans un environnement exigeant en matière de responsabilité, de transparence et de coopération.
Recruter des profils capables de porter la transformation
Une entreprise engagée dans une transformation durable a besoin de profils capables d’agir dans la complexité.
Ces personnes doivent comprendre les objectifs économiques tout en tenant compte des enjeux humains, environnementaux et réglementaires.
Elles doivent également être capables de collaborer avec plusieurs métiers, de gérer des intérêts parfois différents et de transformer des engagements généraux en actions concrètes.
Le recrutement stratégique doit donc rechercher un équilibre entre expertise, capacité d’apprentissage et alignement avec la culture de l’organisation.
Il ne s’agit pas de sélectionner des candidats sur la base d’un discours convenu sur la responsabilité.
Il s’agit de comprendre comment ils ont réellement pris des décisions, géré des arbitrages et contribué à des transformations dans leurs expériences précédentes.
Évaluer la cohérence plutôt que les déclarations
Lors d’un entretien, il est facile pour un candidat d’affirmer qu’il partage les valeurs de l’entreprise.
Une évaluation sérieuse doit aller plus loin.
Comment la personne a-t-elle réagi face à un conflit entre un objectif commercial et une exigence de conformité ?
Comment a-t-elle mobilisé une équipe autour d’un changement difficile ?
Comment gère-t-elle les conséquences d’une erreur ?
Comment prend-elle en compte les intérêts des différentes parties prenantes ?
Ces questions permettent d’observer les comportements réels et la manière dont le candidat traduit ses principes dans l’action.
L’alignement culturel ne signifie pas rechercher des profils identiques.
Il consiste à identifier des personnes capables de contribuer à la mission de l’entreprise tout en apportant leur expérience, leur regard et leur capacité de remise en question.
La gouvernance comme condition de crédibilité
La certification B Corp implique également une réflexion sur la gouvernance.
Les entreprises certifiées sont invitées à prendre en compte les intérêts de plusieurs parties prenantes, et pas uniquement ceux des actionnaires.
Cette approche impose une vision plus large de la performance.
La création de valeur ne se mesure plus seulement à travers les résultats financiers. Elle intègre également les effets de l’activité sur les salariés, les communautés, les clients et l’environnement.
Pour les dirigeants, cette évolution demande des systèmes de décision plus structurés, des responsabilités claires et une meilleure capacité à suivre les engagements pris.
La transparence devient alors un facteur de confiance, aussi bien pour les partenaires que pour les collaborateurs.
Éviter le risque d’un engagement uniquement déclaré
À mesure que les sujets ESG deviennent plus visibles, les entreprises sont davantage exposées au risque d’être accusées de communication excessive ou de greenwashing.
La meilleure protection reste la cohérence.
Les engagements doivent être associés à des objectifs précis, des données vérifiables et des résultats suivis dans le temps.
Ils doivent également être compris par les collaborateurs.
Une entreprise ne peut pas revendiquer une culture responsable si ses équipes ne connaissent pas les priorités, ne disposent pas des moyens nécessaires ou ne comprennent pas leur rôle.
L’ESG devient crédible lorsqu’il influence réellement la manière de produire, de recruter, de manager et d’investir.
Une certification comme point de départ
L’obtention de la certification B Corp constitue une étape importante pour Delassus Group.
Elle peut renforcer la confiance de ses partenaires, soutenir son positionnement international et valoriser les transformations engagées depuis plusieurs années.
Mais elle représente également une responsabilité.
La certification doit être renouvelée et repose sur une logique d’amélioration continue. Elle invite donc l’entreprise à maintenir ses efforts, mesurer ses progrès et adapter ses pratiques aux nouvelles exigences.
Pour les organisations qui observent cette évolution, la leçon est claire.
Une certification peut ouvrir des portes.
Mais ce sont la culture, le management et les compétences qui permettent de tenir la promesse dans la durée.
La certification B Corp de Delassus Group illustre une évolution plus large du monde de l’entreprise au Maroc.
Les critères ESG ne sont plus seulement associés à la conformité ou à la réputation. Ils influencent progressivement l’accès aux marchés, la relation avec les partenaires, la gouvernance et l’attractivité des talents.
Pour transformer ces engagements en performance durable, les entreprises doivent construire des pratiques crédibles et mobiliser des personnes capables de les porter.
La marque employeur ne dépend pas uniquement de ce qu’une organisation affirme.
Elle dépend de ce que les collaborateurs vivent, de ce que les managers incarnent et de ce que les candidats peuvent réellement observer.
La certification reconnaît l’engagement. Le capital humain le transforme en réalité.