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Capital Humain 15 Juil 2026 Pôle Conseil RH

Croissance régionale au Maroc : le Sud accélère, Casablanca-Settat reste le moteur économique du Royaume

Croissance régionale au Maroc : le Sud accélère, Casablanca-Settat reste le moteur économique du Royaume
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Une croissance régionale à deux vitesses

La croissance régionale au Maroc montre une évolution intéressante en 2024. Selon les données du HCP relayées par H24Info, l’économie nationale a enregistré une croissance de 4,4%, avec un PIB en volume atteignant 1.550,45 milliards de dirhams. Huit régions ont affiché une croissance supérieure à cette moyenne nationale.

Les régions du Sud se distinguent particulièrement. Laâyoune-Sakia El Hamra arrive en tête avec une croissance de 7,6%, portée notamment par les services non marchands et la pêche maritime. Dakhla-Oued Ed Dahab suit avec une croissance de 7%, soutenue par la pêche et le BTP.

Ces résultats confirment la montée en puissance de nouveaux pôles régionaux. Ils traduisent aussi l’impact progressif des investissements publics, des infrastructures, de la dynamique portuaire, des activités de pêche, du BTP et du développement territorial dans les provinces du Sud.

Mais cette accélération ne signifie pas que l’équilibre économique national est déjà totalement redistribué.

Casablanca-Settat reste le premier moteur de richesse

Malgré une croissance légèrement inférieure à la moyenne nationale, Casablanca-Settat reste la première région créatrice de richesse du Royaume.

En valeur, la région représente 32,3% du PIB national. Elle conserve donc un poids économique majeur, loin devant Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Ensemble, ces trois régions génèrent 58,4% du PIB national.

Ce chiffre rappelle une réalité importante : la croissance d’une région ne se mesure pas uniquement par son taux d’évolution annuel. Elle dépend aussi de sa base économique, de la concentration des entreprises, des infrastructures, des compétences, des sièges sociaux, des services financiers, de l’industrie et des centres de décision.

Casablanca-Settat reste aujourd’hui un centre économique structurant pour le Maroc. Elle concentre une part importante des activités industrielles, commerciales, financières et tertiaires du pays.

Le Sud accélère, mais les écarts persistent

La dynamique des régions du Sud est positive. Elle montre que de nouveaux territoires peuvent devenir des relais importants de croissance.

Cependant, les écarts entre régions restent significatifs. Selon les chiffres publiés, Drâa-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed Dahab ne représentent ensemble que 7,8% de la création du PIB en valeur. L’écart absolu moyen entre régions a même augmenté en 2024 par rapport à 2023.

Cela signifie que la croissance régionale ne doit pas être lue uniquement comme une compétition entre territoires.

Elle doit plutôt être comprise comme une question de complémentarité.

Certaines régions accélèrent fortement parce qu’elles partent d’une base plus réduite ou parce qu’elles bénéficient d’investissements ciblés. D’autres, comme Casablanca-Settat, progressent moins vite en pourcentage, mais continuent de porter une part centrale de l’économie nationale.

Des profils économiques très différents selon les régions

Les régions marocaines ne reposent pas toutes sur les mêmes moteurs économiques.

Fès-Meknès reste fortement liée au secteur agricole. Casablanca-Settat, de son côté, affiche la part agricole la plus faible du pays, mais domine largement dans les activités secondaires, avec 36,5% de son PIB régional issu de l’industrie.

Cette diversité est une force pour le Maroc.

Elle permet au Royaume de développer plusieurs formes de croissance : industrielle, agricole, logistique, touristique, portuaire, énergétique, financière ou tertiaire.

Mais elle pose aussi un défi majeur : chaque région a besoin de compétences adaptées à son modèle économique.

Une région industrielle n’a pas les mêmes besoins qu’une région agricole. Une région touristique n’a pas les mêmes priorités qu’un territoire en développement portuaire ou énergétique.

La stratégie de développement régional doit donc être accompagnée par une stratégie de compétences.

Le capital humain au cœur du développement territorial

Les investissements, les infrastructures et les politiques publiques sont essentiels. Mais ils ne suffisent pas à créer une croissance durable.

Pour transformer le potentiel régional en résultats concrets, les territoires ont besoin de femmes et d’hommes capables de concevoir, piloter, structurer et exécuter les projets.

Ingénieurs, managers industriels, profils financiers, experts logistiques, responsables RH, spécialistes du développement territorial, cadres commerciaux, experts en transformation digitale, profils ESG, directeurs de projets : la croissance régionale dépend directement de la capacité à attirer et mobiliser les bonnes compétences.

Le développement économique n’est pas seulement une question de PIB.

C’est aussi une question d’organisation, de leadership, d’exécution et de capital humain.

Pourquoi Casablanca-Settat reste attractive pour les talents

Casablanca-Settat continue d’attirer une grande partie des talents du pays parce qu’elle concentre les sièges sociaux, les grandes entreprises, les banques, les cabinets de conseil, les industries, les services et les opportunités de carrière.

Cette concentration crée un cercle d’attractivité.

Les entreprises s’installent là où elles trouvent les compétences. Les talents se dirigent là où ils trouvent les opportunités. Et les investisseurs privilégient les territoires capables de leur offrir à la fois infrastructures, marché, partenaires et ressources humaines qualifiées.

C’est pour cette raison que Casablanca-Settat reste un moteur économique puissant.

Mais l’enjeu des prochaines années sera de mieux répartir les opportunités, afin que les autres régions puissent également attirer, retenir et développer leurs talents.

Le recrutement comme levier de régionalisation économique

La régionalisation économique ne peut pas réussir uniquement par les infrastructures.

Elle nécessite aussi une meilleure circulation des compétences.

Les entreprises qui se développent dans les régions doivent pouvoir identifier des profils locaux, attirer des cadres expérimentés, former leurs équipes et structurer des organisations capables de soutenir la croissance.

Cela concerne particulièrement les secteurs à fort potentiel : industrie, énergie, agriculture moderne, logistique, tourisme, santé, digital, finance, BTP et services aux entreprises.

Dans ce contexte, le recrutement devient un levier stratégique.

Il ne s’agit plus seulement de pourvoir des postes. Il s’agit d’accompagner le développement des territoires en plaçant les bonnes compétences au bon endroit.

Transformer la croissance en performance durable

Les chiffres de la croissance régionale montrent un Maroc en mouvement.

Le Sud accélère. Casablanca-Settat confirme son rôle de moteur. Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa et d’autres régions continuent également de structurer leur contribution à l’économie nationale.

Mais la vraie question est désormais la suivante : comment transformer cette croissance en performance durable ?

La réponse passe par trois leviers.

D’abord, des investissements capables de créer de la valeur sur le long terme.

Ensuite, une gouvernance territoriale claire et efficace.

Enfin, un capital humain capable de porter les projets, d’accompagner les entreprises et de renforcer la compétitivité des régions.

La croissance régionale ne dépend donc pas uniquement des chiffres.

Elle dépend de la capacité des territoires à attirer, former et retenir les talents qui feront leur avenir.

Source des données : H24Info, d’après les comptes régionaux 2024 du HCP.

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