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Aéronautique en Afrique : derrière la croissance des flottes, le défi des compétences

Aéronautique en Afrique : derrière la croissance des flottes, le défi des compétences

L’aviation africaine entre dans une phase de croissance particulièrement ambitieuse.

À Marrakech, à la veille du Marrakech Airshow 2026, Boeing a présenté ses projections à vingt ans pour le continent. Selon le constructeur, le trafic aérien de passagers en Afrique devrait progresser en moyenne de 5,8 % par an jusqu’en 2045, plaçant le continent parmi les marchés les plus dynamiques au monde. Médias24

Cette croissance devrait s’accompagner d’une transformation importante des flottes, des infrastructures, de la maintenance et des services aéronautiques.

Mais derrière les avions, les commandes et les nouvelles routes se trouve un autre enjeu tout aussi déterminant :

les compétences.

Pour les entreprises du secteur, la question ne sera pas seulement de disposer des appareils nécessaires pour accompagner la croissance.

Il faudra aussi disposer des femmes et des hommes capables de les exploiter, de les maintenir, de les sécuriser et de faire évoluer les opérations.

75 000 professionnels à recruter et à former

Selon les projections présentées par Boeing, les opérateurs africains devront recruter et former environ 75 000 nouveaux professionnels au cours des prochaines décennies.

Parmi eux :

22 000 pilotes, 25 000 techniciens de maintenance et 28 000 membres d’équipage de cabine. Médias24

Ces chiffres illustrent une réalité essentielle : la croissance d’un secteur ne peut être durable que si son vivier de compétences progresse au même rythme.

Commander davantage d’avions est une décision industrielle et financière.

Préparer les compétences nécessaires pour exploiter ces appareils est une décision de Capital Humain.

Et cette préparation commence plusieurs années avant que le besoin ne devienne urgent.

Former avant que la pénurie ne devienne un problème

Dans des métiers fortement techniques et réglementés comme l’aéronautique, certaines compétences demandent plusieurs années de formation, de certification et d’expérience.

Il n’est donc pas possible d’attendre qu’un poste devienne vacant pour commencer à préparer son remplacement.

Les entreprises doivent pouvoir anticiper :

Quels métiers seront les plus sollicités ?

Quels volumes de recrutement seront nécessaires ?

Quelles compétences peuvent être développées localement ?

Quels profils nécessiteront une formation spécialisée ?

Quels collaborateurs peuvent évoluer vers davantage de responsabilités ?

Cette logique transforme la planification des compétences en véritable outil stratégique.

La maintenance devient un enjeu humain autant qu’industriel

Boeing estime le marché africain des services aéronautiques à environ 140 milliards de dollars d’ici 2045, dont 90 milliards pour les activités de maintenance, réparation et révision — MRO. Médias24

Cette croissance ne crée pas uniquement un besoin en infrastructures.

Elle crée également une demande pour des techniciens, ingénieurs, responsables qualité, experts en maintenance, managers opérationnels et spécialistes capables de travailler dans des environnements exigeants et fortement réglementés.

Pour le Maroc, qui dispose déjà d’un écosystème aéronautique développé, cette évolution peut également renforcer l’importance de la formation technique et de la transmission des savoir-faire.

Boeing rappelle d’ailleurs son partenariat de plus de cinquante ans avec le Royaume et considère le Maroc comme une source de composants de haute précision ainsi qu’un partenaire industriel stratégique. Médias24

Les ambitions de Royal Air Maroc impliquent aussi un défi organisationnel

Royal Air Maroc ambitionne de porter sa flotte à 200 appareils d’ici 2037, avec les premières livraisons liées à son programme d’expansion attendues à partir de 2028. Médias24

Une croissance de cette ampleur dépasse naturellement la seule acquisition d’avions.

Plus une flotte se développe, plus l’organisation doit adapter ses capacités opérationnelles : équipages, maintenance, planification, fonctions techniques, opérations au sol, management et fonctions support.

Cela ne signifie pas que Royal Air Maroc rencontre actuellement un problème de compétences.

Cela signifie simplement qu’une stratégie de croissance de cette ampleur comporte nécessairement une dimension Capital Humain.

La formation devient une infrastructure stratégique

On parle souvent d’infrastructures aéroportuaires, de centres de maintenance ou de nouveaux appareils.

Mais la formation constitue elle aussi une infrastructure.

Boeing estime à environ 5 milliards de dollars le marché africain de la formation aéronautique jusqu’en 2045. Médias24

Former davantage de pilotes ou de techniciens ne suffit cependant pas.

Il faut aussi construire des parcours professionnels capables de développer les futurs managers, responsables techniques, instructeurs et dirigeants du secteur.

Une politique de formation performante doit donc être reliée à :

  • la planification des effectifs ;
  • la mobilité interne ;
  • la succession ;
  • l’identification des compétences critiques ;
  • et l’évolution future des opérations.

Attirer les talents ne suffira pas

Lorsque plusieurs compagnies, équipementiers et acteurs de maintenance recherchent simultanément les mêmes compétences, la concurrence pour les profils expérimentés augmente.

Les entreprises doivent alors penser au-delà du recrutement.

Elles doivent également travailler sur la fidélisation, les parcours de carrière, le développement professionnel, la qualité du management et la transmission des compétences.

Le véritable enjeu n’est donc pas uniquement :

« Où trouver les talents ? »

Mais aussi :

« Comment les développer et leur donner envie de rester ? »

De la croissance du trafic à la capacité d’exécution

Les projections de Boeing constituent avant tout une analyse économique et industrielle du marché aérien africain.

Elles ne permettent pas de conclure que les compagnies concernées connaissent aujourd’hui une pénurie généralisée de compétences.

Mais elles mettent en évidence une réalité difficile à ignorer :

la croissance des flottes devra être accompagnée par une croissance équivalente des compétences.

Les avions peuvent être commandés.

Les infrastructures peuvent être construites.

Mais les compétences nécessitent du temps.

Dans l’aéronautique, préparer la croissance de demain signifie donc aussi préparer dès aujourd’hui les pilotes, les techniciens, les managers et les experts qui la rendront possible.

MAK Associates accompagne les organisations dans l’identification de compétences stratégiques, l’Executive Search, la planification des besoins en talents et la structuration de leur Capital Humain.

Source de l’actualité : Médias24 — « À Marrakech, Boeing dévoile ses projections pour l’Afrique et se positionne face aux ambitions de la RAM », 7 octobre 2026. Médias24

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